Est-ce que c’est
pour moi ?
La question se pose presque toujours sous une autre forme, celle-ci : « ce n’est pas assez grave ». Cette page la regarde en face, dans les deux sens, parce qu’il existe aussi des situations où la réponse est non.
La phrase qui bloque
presque tout le monde
« Ce n’est pas assez grave. » Je l’entends au téléphone presque chaque semaine, souvent dans les trente premières secondes, et souvent sur le ton de l’excuse. Les gens s’excusent d’appeler.
Derrière cette phrase, il y a une idée précise : la psychothérapie serait réservée à ceux qui vont vraiment mal, et prendre une place reviendrait à la voler à quelqu’un de plus atteint. Il n’existe ni file d’attente commune, ni seuil de gravité à franchir.
Il y a une seconde idée, moins avouée : si je consulte, c’est que c’est grave. C’est l’inverse. Mettre des mots sur quelque chose lui donne une taille, presque toujours plus petite que celle qu’il avait tant qu’il restait informe.
Le vrai critère n’a rien à voir avec la gravité. Il tient en une question : est-ce que cela vous gêne, et depuis combien de temps ?
Six repères que vous pouvez
appliquer à vous-même
Aucun ne suffit à lui seul, aucun n’est un diagnostic. Si vous en reconnaissez deux ou trois, la question du rendez-vous mérite d’être posée.
La durée
Une mauvaise semaine après une nouvelle difficile est normale. Un état installé depuis plusieurs mois, sans que rien de nouveau ne l’explique, n’a plus grand-chose d’un passage.
Le sommeil
L’endormissement qui recule, les réveils à quatre heures avec la même pensée, les matins où il faut se battre pour sortir du lit. Un sommeil qui change durablement demande de l’attention.
Le travail
Tenez-vous votre journée, et à quel prix ? La concentration qui s’effrite, les tâches simples qui prennent le double de temps, ou le surinvestissement qui sert à ne pas penser.
Les relations
Des messages sans réponse, des invitations déclinées, de l’irritabilité avec ceux que vous aimez le plus. Le repli est un signe fiable, parce qu’il ne se décide pas.
Ce que vous avez arrêté
Faites la liste des choses que vous ne faites plus, sans avoir jamais décidé de les arrêter. Un sport, un trajet, un lieu. Cette liste est souvent le meilleur résumé de ce qui se passe.
Ce que dit l’entourage
Quand un proche s’inquiète à voix haute, il voit de l’extérieur quelque chose que l’on ne voit plus de l’intérieur. Cela ne vaut pas obligation, cela vaut information.
Ce dont vous
n’avez pas besoin
Vous n’avez besoin ni d’un diagnostic ni d’un drame à raconter. Je ne pose pas d’étiquette et je n’en réclame aucune à l’entrée. Le motif le plus fréquent en cabinet reste un mal-être diffus, qui dure.
Vous n’avez pas besoin de savoir formuler votre demande. « Je ne sais pas bien pourquoi je viens » est une phrase de première séance parfaitement recevable, et souvent le point de départ le plus honnête.
Vous n’avez pas besoin de vous engager dans une longue thérapie. Venir une seule fois pour y voir clair est une demande légitime, à condition de l’annoncer. On consacre alors la séance à faire le tri.
Ce qui se passe si vous continuez, étape par étapeQuand ce n’est pas le bon moment,
ou pas le bon interlocuteur
Il faut écrire l’inverse aussi, parce que presque personne ne l’écrit. Dans certaines situations, une psychothérapie en cabinet n’est pas ce qui vous aidera en premier.
Si vous pensez à mettre fin à vos jours, ceci n’est pas la bonne page et ce site n’est pas un service d’urgence. Le 3114 répond sans frais, jour et nuit, partout en France. En cas de danger immédiat, appelez le 15.
Quand c’est un médecin qu’il faut voir d’abord
Fatigue installée, palpitations, perte de poids, douleurs : plusieurs de ces signes ont aussi des causes médicales, qu’un médecin traitant sait écarter. Et seul le psychiatre, qui est médecin, peut prescrire un traitement, l’ajuster ou l’arrêter. Je ne suis ni l’un ni l’autre, et je n’interfère jamais avec un traitement en cours.
Quand une dépendance occupe le premier plan
Alcool, autres substances, jeu. Tant que la consommation tient la place principale, un accompagnement spécialisé passe avant. Les centres de soin en addictologie reçoivent sans frais, votre médecin vous indiquera le plus proche.
Quand vous êtes en danger chez vous
Des violences en cours ne se traitent pas d’abord en séance, elles se traitent d’abord par la mise en sécurité. Le 3919 renseigne et oriente, de façon anonyme.
Quand ce n’est pas vous qui le demandez
Si vous venez parce qu’un conjoint, une famille ou un employeur l’exige, dites-le au premier rendez-vous. Une thérapie que l’on subit avance mal. On peut alors travailler cette contrainte elle-même, ou reconnaître ensemble que le moment n’est pas venu.
Quand le budget ferme la porte
Un cabinet libéral n’est pas la seule voie. Les centres médico-psychologiques accueillent sans frais selon le secteur d’habitation, et des dispositifs publics permettent parfois une participation pour des séances chez un psychologue. Ces règles changent souvent : vérifiez celles en vigueur au moment où vous lisez ces lignes.
Les tarifs, le rythme et le tarif réduitCe que vous pouvez
faire aujourd’hui
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, la question vous occupe depuis un moment. Le premier contact se fait au téléphone, dure une dizaine de minutes et ne coûte rien. Ce n’est pas une séance : vous dites ce qui vous amène, je vous dis si c’est de mon ressort. Si je ne suis pas la bonne personne, je vous oriente vers celle qui l’est.
Questions fréquentes
Faut-il une ordonnance ou une lettre de mon médecin ?
Est-ce que je peux venir une seule fois ?
Et si je me rends compte que ce n’est pas pour moi ?
Dix minutes au téléphone suffisent souvent à savoir.
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