Estime de soi,
confiance en soi
La voix qui commente, qui compare et qui disqualifie. Et la place qu’elle a fini par prendre dans vos décisions, sans que personne autour de vous s’en aperçoive.
Vous relisez un message trois fois avant de l’envoyer. Vous enlevez le mot qui pourrait sembler trop sûr de lui, puis vous ajoutez « désolée de vous déranger ».
En réunion, vous avez une idée. Vous attendez le bon moment, qui n’arrive jamais. Quelqu’un dit à peu près la même chose vingt minutes plus tard, et tout le monde trouve cela pertinent. Vous vous en voulez sur le chemin du retour.
Quand on vous complimente, vous cherchez ce qui l’explique : la personne est gentille, elle n’a pas vu le reste. Quand on vous fait une remarque, vous y pensez encore le lendemain matin.
Vous dites oui à des choses dont vous ne voulez pas, parce que refuser demanderait de justifier que vous comptez aussi. Vous choisissez le poste, parfois la relation où vous vous sentez tout juste à votre place, jamais celui où il faudrait s’autoriser un peu plus.
Et cela ne se voit pas. On vous décrit comme quelqu’un de compétent, d’agréable, de solide. C’est peut-être ce qui vous fatigue le plus : l’écart entre la personne que les autres voient et la voix que vous entendez, elle, toute la journée.
L’estime de soi n’est pas
la confiance en soi
On les emploie l’un pour l’autre. Ce sont pourtant deux mécanismes distincts, et les confondre explique pourquoi tant d’efforts ne donnent rien.
La confiance en soi
Elle porte sur une capacité, dans une situation donnée. Conduire, parler devant trente personnes, poser une question à un inconnu. Elle est locale, elle se mesure, et elle se construit surtout par l’expérience répétée.
L’estime de soi
Elle porte sur la valeur que vous vous accordez, en dehors de toute performance. Elle répond à une autre question : ai-je le droit d’exister comme je suis, sans avoir à le mériter ?
On peut donc très bien avoir une confiance en soi élevée et une estime de soi basse. C’est même une combinaison fréquente. Des personnes qui réussissent, qui savent parfaitement faire leur métier, et qui restent persuadées au fond d’elles qu’elles ne valent pas grand-chose. Chaque réussite est mise sur le compte du travail acharné ou de la chance, jamais sur le leur.
C’est pour cela qu’accumuler des preuves ne suffit pas. Une preuve nourrit la confiance. Elle ne touche pas l’estime, parce que l’estime ne dépend pas de la performance.
Ce n’est pas non plus un trait de caractère avec lequel vous seriez né. La façon dont vous vous parlez a été apprise, souvent tôt, là où l’affection paraissait conditionnelle ou la comparaison permanente. Cette voix a été utile un jour : elle vous a fait travailler, elle vous a rendu attentif aux autres. Elle est simplement restée bien après la fin de son contrat.
Et ce n’est pas de la modestie. La modestie choisit de ne pas se mettre en avant. Ce dont il est question ici ne se choisit pas.
Où cela se situe,
si vous décidez de venir
Ce site est rangé dans l’ordre du temps. Voici les deux étapes qui précèdent tout le reste.
Vous vous demandez si c’est un vrai motif
C’est précisément la voix dont nous parlons qui vous souffle que votre cas n’est pas assez sérieux et que d’autres en ont plus besoin. Ce doute fait partie du sujet.
Est-ce que c’est pour moiOn écoute cette voix de près
Les premières séances servent à repérer quand elle parle, avec quels mots, et à qui ces mots ont été empruntés. Vous n’avez rien à préparer pour cela.
Les premières séancesOn regarde si quelque chose se déplace
Les premiers signes sont petits : un refus posé sans se justifier pendant dix minutes, une candidature envoyée sans l’avoir relue six fois.
Savoir si ça avanceCe que l’on travaille,
et de quelle façon
Le but n’est pas de vous convaincre que vous êtes formidable. Cela ne fonctionne pas, et vous ne le croiriez pas. Le but est de réduire l’autorité que cette voix a prise sur vos décisions.
Identifier la voix
Repérer le moment où elle intervient, et ce qu’elle dit mot pour mot. Tant qu’elle reste une ambiance, on ne peut rien en faire. Formulée, elle devient discutable.
Retrouver d’où elle vient
Ces phrases ont presque toujours été prononcées par quelqu’un avant d’être les vôtres. Les rendre à leur auteur change beaucoup de choses.
Ce qu’elle vous fait faire
Accepter, se taire, viser plus bas, sur-préparer, s’excuser d’avance. On regarde ces conduites une par une, parce que c’est là que la vie se décide.
Essayer autrement, en petit
Une phrase dite au lieu d’être ravalée, un tarif annoncé sans le baisser aussitôt. On commence par des situations à faible risque, et on en reparle ensemble.
Je travaille en psychothérapie intégrative, à dominante gestalt et centrée sur la personne. Je m’intéresse donc beaucoup à ce qui se passe dans la pièce pendant que nous parlons. Cette voix ne reste pas dehors : elle se manifeste dans la façon dont vous vous excusez d’avoir pris du temps, dont vous minimisez ce que vous venez de dire. Nous pouvons alors la regarder en direct plutôt que d’en parler au passé.
Mon approche en détailCombien de temps
Je ne vous annoncerai pas un nombre de séances. Ce serait facile à écrire et malhonnête à tenir. Ce que je peux dire, c’est que ce motif demande en général plus qu’une intervention courte, parce qu’il ne s’agit pas d’une difficulté ponctuelle mais d’une manière de se regarder installée depuis longtemps.
En revanche, les premiers effets ne sont pas les derniers. Il est fréquent que la fatigue baisse assez tôt, avant même que la voix se soit tue, simplement parce que vous cessez de la croire sur parole. Nous faisons le point régulièrement sur ce qui a bougé, et vous restez libre d’arrêter quand vous le souhaitez.
Le rythme, la durée, les tarifsQuand il faut
un autre interlocuteur
Je ne suis pas médecin, et je ne pose aucun diagnostic à distance.
Si vous ne dormez plus, si plus rien ne vous procure de plaisir depuis des semaines, si vous ne parvenez plus à vous lever le matin, il ne s’agit peut-être plus seulement de la façon dont vous vous parlez. C’est votre médecin traitant qui évalue cela, et je peux accompagner quelqu’un qui suit déjà un traitement, sans jamais interférer avec lui.
Si la dévalorisation vient d’une relation en cours, au travail ou dans votre vie privée, où quelqu’un vous rabaisse au quotidien, une psychothérapie seule ne suffira pas. Il y a une situation à traiter, et parfois des personnes à saisir avant moi, comme la médecine du travail.
Si vous pensez à mettre fin à vos jours, n’attendez pas un rendez-vous. Appelez le 3114, gratuitement et à toute heure, ou le 15.
Un premier appel de dix minutes, sans avoir à justifier que votre motif est assez sérieux.
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