Un mal-être
que l’on n’arrive
pas à nommer
Le motif le plus fréquent, et celui qui n’est écrit nulle part, parce qu’il n’a pas de nom clinique. Sur le papier, tout va bien. Et pourtant quelque chose ne va pas, depuis longtemps.
Ce que l’on décrit,
quand on finit
par en parler
Vous avez un travail, des gens qui vous entourent, un logement, des projets qui tiennent debout. Personne ne s’inquiète pour vous. Vous-même, si l’on vous demandait ce qui ne va pas, vous auriez du mal à répondre autre chose que « rien de spécial ».
Il y a le dimanche en fin d’après-midi, cette lourdeur qui tombe sans prévenir et que vous mettez sur le compte de la semaine qui recommence. Il y a la fatigue qui ne vient pas de la fatigue : vous dormez, et vous vous levez comme si vous n’aviez pas dormi. Il y a les soirées passées devant un écran sans rien regarder vraiment.
Il y a surtout cette impression d’être un peu à côté. Vous participez, vous répondez, vous riez quand il faut. Mais quelque chose regarde la scène depuis deux pas en arrière. Vous êtes présent et absent en même temps, et cela ne se voit pas de l’extérieur.
Et puis il y a la question qui revient, souvent tard le soir : est-ce que c’est ça, ma vie, ou est-ce que j’ai raté un embranchement quelque part.
Cela dure depuis combien de temps ? Des mois. Peut-être plus. Il n’y a pas eu de bascule, pas de drame, pas de date.
Ce que c’est,
ce que ce n’est pas
Ce que vous traversez n’a pas de nom clinique, et c’est précisément le problème.
L’anxiété a un nom. La dépression a un nom. Un deuil, une séparation, un licenciement ont un nom et une date. Vous pouvez les dire en une phrase, et cette phrase justifie que vous alliez consulter. Un mal-être diffus n’a rien de tout cela. Ni cause visible, ni mot, ni preuve. Alors on se dit qu’il ne compte pas.
Ce n’est pas de la comédie, ni de l’ingratitude, ni un caprice de gens qui n’ont pas de vrais problèmes. Beaucoup se disent cette phrase à eux-mêmes, et elle sert surtout à ne pas s’occuper de la chose.
Ce n’est pas non plus un diagnostic. « Mal-être diffus » n’est pas une maladie, c’est une description : quelque chose ne va pas, et cela ne s’est pas encore mis en mots.
Ce que c’est, souvent : un décalage installé lentement entre la vie que vous menez et ce qui compte pour vous. Une série de petits arrangements, chacun raisonnable au moment où vous l’avez fait, qui ont fini par former une vie où vous n’êtes pas tout à fait. Ou bien une chose ancienne, jamais dite, qui pèse sans se montrer.
Pourquoi l’absence de nom empêche de consulter
Vous vous imaginez entrer dans un cabinet et devoir expliquer pourquoi vous êtes là, sans motif à donner. Vous craignez de prendre la place de quelqu’un qui va vraiment mal. Vous attendez donc que cela devienne assez clair pour être dit. Souvent, cela devient clair le jour où c’est devenu beaucoup plus lourd.
Vous n’avez pas besoin d’un motif pour venir. « Je ne sais pas pourquoi je suis là, mais je ne me sens pas bien » est une première phrase suffisante. C’est même l’une des plus honnêtes qui soient.
Où cela se situe
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Vous hésitez encore
La première question n’est pas de savoir de quoi vous souffrez, mais si cela vaut la peine de consulter.
Est-ce que c’est pour moiReconnaître quelque chose
Vous n’avez pas à vous reconnaître entièrement dans ce qui est décrit plus haut. Un morceau suffit, et cela suffit aussi pour un premier contact.
Les premières séances
Ce qui se dit, et la façon dont un motif flou se précise en parlant. Vous n’avez rien à préparer avant.
Les premières séancesCe que l’on travaille
ensemble
Au début, on ne cherche pas de solution. On cherche des mots.
Les premières séances servent surtout à décrire. Quand cela se produit, à quels moments de la journée, avec qui, dans quelles pièces de votre vie. Ce qui semblait uniforme se met à avoir des contours. Souvent, quelqu’un qui disait « tout le temps » s’aperçoit que ce n’est pas tout le temps, et ce qui reste indique une direction.
Ensuite, on regarde ce que ce mal-être signale. Il est rare qu’il soit seulement une panne. La plupart du temps, il dit quelque chose que vous savez déjà sans vous l’être formulé : un métier qui ne vous ressemble plus, une relation où vous avez pris trop peu de place, une fidélité à ce que l’on attendait de vous.
Je travaille en psychothérapie intégrative, à dominante gestalt et centrée sur la personne. Concrètement, on s’intéresse beaucoup à ce qui se passe pendant la séance, y compris dans le corps, parce que c’est souvent là que les choses se montrent avant de se dire. Et je ne décide pas à votre place de ce qui compte.
Comment je travailleCombien de temps
Je ne peux pas vous donner un nombre de séances, et je me méfie de ceux qui le donnent pour ce motif-là.
Ce que je peux dire est plus modeste. Il faut en général quelques séances pour que le flou commence à prendre forme et que vous ayez une idée plus nette de ce sur quoi vous voulez travailler. C’est un premier repère, pas un résultat.
Ensuite, cela dépend de ce que l’on trouve. Un décalage récent se démêle plus vite qu’une chose installée depuis quinze ans. Certaines personnes s’arrêtent après quelques mois avec ce qu’elles étaient venues chercher. D’autres continuent plus longtemps, parce que le premier motif en a ouvert un autre. Nous en reparlons régulièrement, et vous restez libre de vous arrêter à tout moment.
Savoir si ça avanceQuand voir
un médecin en plus
Je ne suis pas médecin. Je ne pose pas de diagnostic, je ne prescris rien, et je ne me substitue à aucun suivi en cours.
Parlez à votre médecin traitant si la fatigue est importante et installée, si vous avez perdu ou pris du poids sans le vouloir, si vous dormez très mal depuis des semaines, si vous n’avez plus goût à rien pendant des jours entiers, ou si vous pensez que tout serait plus simple si vous n’étiez plus là.
Certaines de ces choses ont des causes physiques qu’un examen simple peut chercher.
Consulter un médecin n’est pas un échec de la thérapie. Les deux se combinent bien, et plusieurs personnes que je reçois ont un suivi médical en parallèle. Si c’est votre cas, dites-le-moi, sans avoir à le justifier.
Ce site n’est pas un service d’urgence. En cas de détresse immédiate, appelez le 3114, gratuit et ouvert jour et nuit, ou le 15.
Un premier appel de dix minutes, même si vous ne savez pas quoi dire.
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