Perte de sens au travail,
avant le burn-out
Continuer sans savoir pourquoi, ou ne plus arriver à continuer du tout. Avant l’arrêt brutal, il y a presque toujours des mois que personne ne nomme.
Le dimanche soir a commencé à empiéter. D’abord vers vingt heures, puis dès le milieu de l’après-midi, puis le samedi. Ce n’est pas de l’angoisse spectaculaire, c’est une porte qui se ferme quelque part et une soirée que vous ne vivez plus vraiment.
La semaine, vous ouvrez un document et vous relisez le premier paragraphe trois fois. Vous allez chercher un café. Vous y revenez. Une tâche de vingt minutes occupe un après-midi entier, et vous finissez à vingt heures un travail que vous expédiiez en une heure il y a deux ans. Vous mettez cela sur le compte de la fatigue depuis assez longtemps pour ne plus y croire.
Ce n’est pas de l’ennui, même si cela y ressemble. Du travail, vous en avez, parfois trop. Ce n’est pas l’agenda qui est vide, c’est ce que vous faites dedans. Rien ne vous atteint, ni les félicitations, ni les reproches.
Et puis il y a le cynisme, qui arrive sans prévenir. La petite phrase en réunion qui fait rire tout le monde et qui vous laisse un goût désagréable. Le « de toute façon, ils se débrouilleront ». Les collègues que vous trouvez soudain irritants alors qu’ils n’ont rien fait. Vous répondez « ça va » par réflexe, et personne ne va vérifier, parce que vous rendez encore tout à l’heure.
Ce que c’est,
ce que ce n’est pas
Ce n’est pas de la paresse, et ce n’est pas un luxe de gens bien payés. Ce n’est pas non plus une question de motivation à retrouver, comme si elle s’était égarée quelque part.
Ce que c’est, le plus souvent : un écart entre ce que vous faites de vos journées et ce qui compte pour vous, tenu pendant des mois sans le dire. Cet écart use plus vite que la charge elle-même. On tient très longtemps un travail dur qui a du sens, et assez mal un travail confortable qui n’en a plus.
Si ce vide n’est jamais nommé, c’est qu’il n’a pas d’événement. Pas de conflit, pas de placard, rien à raconter à un repas de famille. On attend donc que quelque chose de visible arrive, et ce quelque chose est souvent l’arrêt net.
Le burn-out n’est pas un synonyme de fatigue. C’est un état d’épuisement installé, qui se constate avec un médecin, pas sur une page web ni en séance. Je ne pose aucun diagnostic à distance, et cette page ne dit pas où vous en êtes.
Où cela se situe
sur le chemin
Cette page est une entrée, pas un programme. Voici ce qui vient avant, et ce qui vient après.
Vous vous dites que d’autres ont pire
C’est la phrase qui fait perdre le plus de mois. Un travail qui vide n’a pas besoin d’être dramatique pour mériter qu’on s’y arrête.
Est-ce que c’est pour moiOn part d’une semaine réelle
Pas de bilan de compétences ni de grands mots sur la vocation. On regarde vos journées, heure par heure quand il le faut, et où l’énergie se perd.
Les premières séancesSavoir si quelque chose bouge
Sur cette question, les signes sont concrets : le dimanche soir, le sommeil, la capacité de dire non un mardi ordinaire.
Savoir si ça avanceCe que l’on travaille,
concrètement
Je travaille en psychothérapie intégrative, à dominante gestalt et centrée sur la personne. Sur cette question, cela donne trois choses.
Trier ce qui vient d’où
Ce qui appartient au poste et à l’organisation, et ce qui vous appartient. Les deux existent presque toujours, et les confondre épuise. Je ne réorganise pas votre service, mais je peux vous aider à voir clairement ce qui n’est pas de votre fait.
Le corps sait avant
Où cela se serre, à quel moment de la journée, devant quel nom sur l’écran. Ces signaux arrivent souvent des mois avant que la tête accepte de conclure quelque chose.
Décider au lieu de subir
Partir, rester autrement, tenir jusqu’à une échéance choisie. Le but est de retrouver la capacité de décider pendant qu’elle est encore là, plutôt que de laisser l’épuisement décider à votre place.
Combien de temps
cela demande
Aucun nombre de séances ne peut être annoncé à l’avance, et une page qui vous en donne un l’invente. La différence tient plutôt à la demande.
Une décision à prendre, un cap à passer, une conversation à préparer avec votre direction : cela se travaille souvent sur quelques mois. La question de fond demande davantage de temps, parfois nettement plus, parce qu’elle est rarement née au travail. Pourquoi vous ne savez pas vous arrêter, à qui vous prouvez encore quelque chose, ce qui se passe quand vous ne produisez rien.
Quand l’épuisement est déjà installé, le repos passe devant. On ne réfléchit pas à son avenir professionnel avec quatre heures de sommeil.
Le rythme est hebdomadaire au début, puis espacé d’un commun accord. La psychothérapie n’est pas prise en charge par l’Assurance Maladie : mieux vaut le savoir avant de commencer.
Le rythme, la durée, les tarifsQuand il vous faut
quelqu’un d’autre
Un arrêt de travail ne se demande pas à un psychothérapeute. Je ne suis pas médecin : je ne prescris rien, je ne rédige ni arrêt ni certificat pour un employeur. C’est votre médecin traitant qui évalue si vous devez vous arrêter, et lui seul.
Le médecin du travail est l’interlocuteur que l’on oublie le plus souvent. Vous pouvez demander une visite de votre propre initiative, sans passer par votre employeur, et le contenu de l’échange reste couvert par le secret médical. Il connaît votre poste et peut proposer des aménagements. Les modalités évoluent : vérifiez celles en vigueur au moment où vous lisez ces lignes.
Si le vide déborde du travail, c’est peut-être autre chose. Quand le sommeil, l’appétit et l’envie sont touchés y compris en congé, quand plus rien ne fait plaisir, la question devient médicale. Parlez-en à votre médecin traitant, qui pourra vous orienter vers un psychiatre si c’est nécessaire. Une thérapie peut accompagner un suivi médical, elle ne le remplace pas. En cas de détresse, le 3114 répond jour et nuit.
Une surcharge, un harcèlement, une organisation défaillante ne se règlent pas en séance. Les représentants du personnel, l’inspection du travail ou un avocat en droit du travail sont là pour cela. Une thérapie aide à tenir et à décider, elle ne remplace pas un recours.
Aller voir un autre professionnel n’est pas un échec, et ce n’est pas non plus un renvoi. C’est très souvent deux démarches en même temps, l’une pour votre santé ou vos droits, l’autre pour ce que vous voulez faire de la suite.
Un premier appel de dix minutes, pour dire où vous en êtes et voir si je suis la bonne personne.
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