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Site de démonstration therapeute.club. Clara Bonnefoy est une praticienne fictive : le nom, l’adresse, les coordonnées et le numéro d’enregistrement sont inventés. Aucun rendez-vous ne peut être pris ici. Créer le mien sur therapeute.club →
Clara Bonnefoy Psychothérapeute · Montpellier
Journal · Se décider

Est-ce que c’est
assez grave
pour consulter ?

Vous y pensez depuis des mois. Pas tous les jours, mais ça revient toujours.

Le soir, quand la maison est calme. Le dimanche en fin d’après-midi, sans raison particulière. Vous tapez une question dans un moteur de recherche, vous lisez deux pages, vous refermez l’onglet. Et à chaque fois, la même phrase vous arrête : d’autres vont beaucoup plus mal que vous.

Vous travaillez. Vous voyez du monde. Vous riez encore, et pas seulement pour faire bonne figure. Personne autour de vous ne se doute de quoi que ce soit, et c’est bien la preuve, vous dites-vous, que ce n’est pas si sérieux. Alors vous attendez. Vous attendez un événement assez lourd pour justifier le rendez-vous, quelque chose que vous pourriez raconter au téléphone sans avoir l’impression de prendre la place de quelqu’un qui en aurait davantage besoin. En attendant, la chose reste là, au même endroit, et le temps passe.

Une porte entrouverte sur une pièce claire, vue depuis un couloir.
On peut pousser la porte sans savoir encore ce qu’on va dire.
Ce qui se joue

La gravité n’est pas
le bon critère

« Est-ce que c’est assez grave » est une question qui compare. Elle met votre situation en face de celle des autres, et elle cherche un seuil au-delà duquel vous auriez enfin le droit de demander de l’aide. Ce seuil n’existe pas. Aucun praticien ne classe les motifs par gravité pour décider qui mérite un rendez-vous, et personne ne perd sa place parce que vous prenez la vôtre.

Cette question a aussi un défaut de mesure. Elle regarde l’intensité à un instant précis, en général celui où vous allez le moins mal, puisque c’est souvent dans les moments calmes que l’on réfléchit à consulter. Une difficulté psychique se mesure mal en intensité. Elle se mesure en durée, en répétition, et en place qu’elle prend dans une vie.

Il y a une deuxième croyance derrière, plus discrète : l’idée qu’une psychothérapie serait réservée aux histoires spectaculaires. Beaucoup de personnes que je reçois n’ont pas de récit dramatique à raconter. Elles ont une fatigue qui ne se répare plus avec le sommeil, un agacement qui déborde sur des gens qui n’y sont pour rien, ou une impression tenace de vivre à côté de leur propre vie. Ce n’est ni rare, ni léger.

Trois signes qui comptent plus que la gravité

La durée

Ce n’est pas un mauvais moment de trois semaines. Vous ne savez plus dater le début, ou vous le datez d’il y a très longtemps. Le temps qui passe n’a rien arrangé de lui-même.

La répétition

Le même scénario revient. La même dispute, le même mur au travail, le même moment où vous vous effacez. Vous voyez le schéma, et vous n’arrivez pas à en sortir en le voyant.

Le rétrécissement

Votre vie s’organise autour de la difficulté. Vous évitez une soirée, un trajet, une conversation. Chaque évitement soulage sur le moment, et rend le suivant un peu plus probable.

Si l’un de ces trois signes vous parle, la question de la gravité devient secondaire. Ce n’est pas la taille du problème qui indique la consultation, c’est le fait qu’il tienne tout seul depuis un moment et qu’il commence à décider des choses à votre place.

Attendre d’aller assez mal, c’est attendre que le problème devienne plus difficile à défaire. Rien de plus.

Dix minutes au téléphone suffisent souvent à savoir si la démarche a du sens pour vous.

Prendre rendez-vous
Sans attendre

Ce que vous pouvez
faire par vous-même

Ces trois exercices ne remplacent pas un accompagnement. Ils servent à sortir de la comparaison et à regarder votre situation pour elle-même, ce qui est déjà beaucoup.

1. Le relevé de deux semaines

L’objectif est simple : arrêter de juger d’après votre humeur du jour, et regarder une tendance. Une feuille ou une note sur le téléphone suffisent.

Ce soir

Une ligne, trois colonnes

Notez la date, une note de zéro à dix pour la journée, et une seule phrase sur ce qui a pesé. Pas d’analyse, pas de paragraphe. Une phrase.

Les quatorze soirs suivants

La même ligne, à la même heure

Toujours au même moment, par exemple juste avant de vous coucher. Si vous sautez un soir, reprenez le lendemain sans rattraper.

Au bout de deux semaines

Vous relisez tout d’un coup

Deux questions seulement. Combien de journées au-dessous de cinq, et quel mot revient le plus souvent dans les phrases. C’est cela, votre situation, et non l’idée que vous en avez un dimanche soir.

2. La phrase que vous diriez

Écrivez, en une ou deux phrases, ce que vous répondriez à quelqu’un qui vous demanderait pourquoi vous venez. Écrivez-la mal, ce n’est pas grave. Rangez-la, relisez-la trois jours plus tard, et corrigez-la. Beaucoup de gens découvrent à ce moment que ce qu’ils croyaient être le sujet n’est pas celui qui vient sous leur stylo. Cette phrase n’est pas un examen d’entrée, vous n’aurez pas à la réciter.

3. Retirer une seule chose de la liste des évitements

Repérez une chose que vous ne faites plus alors qu’elle ne vous posait pas de problème avant. Un appel, un trajet, un lieu. Choisissez la plus petite, pas la plus symbolique, et faites-la une fois cette semaine. Si c’est possible, vous avez gagné une information. Si c’est impossible, vous en avez gagné une autre, plus utile encore.

Et si ça ne suffit pas

Quand se faire
accompagner, et par qui

Il est temps d’en parler à un professionnel quand l’un de ces éléments est vrai chez vous.

  • La difficulté dure depuis plusieurs mois et ne bouge pas, quoi que vous tentiez.
  • Votre sommeil, votre appétit ou votre concentration se sont installés durablement dans le désordre.
  • Vous avez retiré des choses de votre vie pour ne plus affronter certaines situations.
  • Des proches vous en ont fait la remarque, même une fois, même maladroitement.
  • Vous y pensez souvent, et cette lecture n’est pas la première.

Le médecin traitant est un bon premier interlocuteur, en particulier quand le corps est en jeu : fatigue qui ne cède pas, sommeil abîmé, poids qui varie, douleurs sans explication. Il peut écarter une cause médicale, ce qu’un psychothérapeute ne fait pas, et il connaît le réseau autour de chez vous.

Le psychiatre est un médecin, et le seul de ces professionnels à pouvoir prescrire un traitement. On s’oriente vers lui quand l’état empêche de tenir le quotidien, quand un traitement est en question ou déjà en cours, et à chaque fois que des idées noires apparaissent.

Le psychothérapeute travaille sur la durée, avec la parole, dans un cadre régulier. C’est mon métier, et le titre est protégé : il suppose une formation en psychopathologie clinique et une inscription au registre national, vérifiable.

Ce site n’est pas un service d’urgence et ne permet pas de consultation à distance. Si vous pensez à mettre fin à vos jours, appelez le 3114, gratuit et ouvert jour et nuit, ou le 15 en cas de danger immédiat.

Trois questions
qui reviennent

Je n’ai vécu aucun drame. Ai-je le droit de consulter ?
Oui. Il n’existe aucune condition d’entrée, et aucun classement des motifs. Une grande partie des demandes que je reçois ne reposent sur aucun événement identifiable, mais sur quelque chose qui dure.
Faut-il savoir quoi dire avant le premier rendez-vous ?
Non. Le premier rendez-vous sert justement à mettre des mots, et une partie du travail consiste à découvrir de quoi il s’agit vraiment. Venir en disant « je ne sais pas par où commencer » est une entrée en matière tout à fait ordinaire.
Et si je me trompe et que je n’en ai pas besoin ?
Vous le saurez vite, et vous pourrez vous arrêter. Rien ne vous engage au-delà de la séance en cours, et un premier échange au téléphone permet souvent de trancher avant même de prendre rendez-vous.

Clara Bonnefoy, psychothérapeute à Montpellier. Numéro au registre national : à compléter.
Publié le 25 août 2026. Mis à jour le 25 août 2026.